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D’une manière
générale, la production de coquillages (huîtres et
moules) française en volume se place au 2ème rang mondial
avec 195 000 tonnes, (CNC 2009). L’ostréiculture
est la première activité aquacole nationale avec
près de 130 000 tonnes d’huîtres par an. Vient
ensuite la production mytilicole avec 65 000 tonnes par an (CNC 2009).
La Méditerranée assure près de 10 % de la
production nationale d’huîtres avec environ 13 000 tonnes
d’huîtres creuses (Crassostrea gigas) pour un chiffre
d’affaires d'environ 20 millions d'euros par an.
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Les huîtres creuses :
Historique :
Jusqu’au 19ème siècle la France produit des
huîtres plates. En 1968, un navire, du nom de « Le
Morlaisien » avait une cargaison d’huîtres
creuses qu’il rapportait du Portugal. Il longeait les côtes
françaises quand les tempêtes se sont
élevées.
Le navire vint alors se réfugier dans la Gironde ; mais la
mer continuant à se déchaîner, il fut obliger de
vider sa cargaison, craignant des risques sanitaires pour la population
face aux produits en putréfaction. Le capitaine n’attendit
pas d’être en mer pour vider sa cargaison et jeta
par-dessus bord son stock dans la Gironde. Les huîtres creuses se
sont alors acclimatées, reproduites et étendues.
L’année suivante fut celle de la récolte. Depuis
cette époque, l’huître creuse du Portugal a
été introduite dans les zones conchylicole de France et
notamment en Méditerranée.
En 1971, suite à deux épizooties (maladie contagieuse qui
touchent un grand nombre d’animaux) qui touchent l’ensemble
des gisements à tout âge, l’importation de
l’huître portugaise est interdite en France. Il faut alors
trouver une solution de rechange car la production
d’huîtres plates à cette époque est infime et
ne suit pas la demande.
Une nouvelle espèce d’huître creuse venant du Japon
est alors importée dans le Bassin de Marennes-Oléron.
Après des premiers résultats plus que satisfaisants, les
importations de naissains se sont faites en masse.
L’acclimatation parfaite de cette espèce a permis sa
reproduction dans les bassins du littoral français.
Aujourd’hui, la « Crassostrea Gigas »
constitue en France un peu plus de 98% de la production totale
d’huîtres.
Biologie :
L’huître est présente sur la planète depuis
environ 500 000 ans et n’a pas évolué depuis. Elle
possède un cœur, un foie, deux reins et un circuit de
circulation sanguine incolore. Concernant sa reproduction,
l’huître est hermaphrodite : elle change de sexe
à chaque saison et se reproduit en été, durant les
mois sans « R » à raison de 3 pontes.
L’huître creuse est ovipare et expulse ses oeufs non
fécondés dans le milieu marin. La ponte qui comporte
entre 20 et 100 millions d’œufs est très
généreuse mais la fécondation réelle
n’est que de 10 %.
Les larves mesurent entre 1/10ème et 2/10ème de
millimètre et errent au gré des courants cherchant un
endroit pour se fixer.
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Les huîtres plates :
La Méditerranée ne
produit pas d’huîtres plates. C’est un
produit très fragile et qui se vend plus cher que les
huîtres creuses.
Historique :
Les huîtres plates sont cultivées en France depuis
plusieurs millénaires puisqu’elles étaient connues
des romains qui en faisaient un plat de luxe. La réputation et
la typicité des huîtres de Méditerranée, en
particulier celle de la Lagune de Thau font qu’elles
étaient consommées jusqu’à Rome.
Pourtant, quelques siècles plus tard, après
l’arrivée et l’acclimatation de l’huître
creuse sur les côtes françaises, l’huître
plate commence à disparaître. La situation fait
débat entre les Bretons fidèles à la production de
l’huître de France (huître plate) et les Arcachonnais
approuvant l’huître du Portugal (huître creuse) pour
sa bonne productivité.
A la fin du 19ème siècle et au début du
20ème, les huîtres plates présentent à deux
reprises des maladies que les chercheurs n’expliquent pas et qui
déciment la production dans sa totalité au Sud de la
France. L’huître creuse du Portugal puis celle du Japon
remplacera alors largement la production de l’huître
française, qui ne représente plus aujourd’hui que
2% de la production française mais qui reste un produit que
les fins gourmets apprécient beaucoup.
Biologie :
L’huître plate a sensiblement la même morphologie que
l’huître creuse. Elle est aussi hermaphrodite mais elle
change de sexe après chaque émission de semence (au
nombre de 3) pendant l’été. Elle est vivipare,
c’est-à-dire que la fécondation des oeufs se fait
dans la coquille. Après la ponte, les oeufs sont abrités
dans une chambre inhalante. Après une dizaine de jours, elle
expulse les embryons au nombre de 1 à 1,5 millions à
l’aide de ses valves, qui trouveront un endroit où se
fixer.
Les structures d’élevages des huîtres :
En Méditerranée, c’est dans le Bassin de Thau que
l’élevage des coquillages est le plus ancien.
Jusqu’en 1880, les coquillages (moules et huîtres plates)
sont cueillies à même le sol.
A partir de cette date, on voit apparaître dans les canaux de
« Cette » (Sète) des structures flottantes
destinées à affiner les huîtres d’Atlantique.
Ce n’est qu’en 1911 que les premières concessions
sont attribués sur la lagune de Thau et que l’on construit
des structures pour accueillir les huîtres à
élever. La spécificité de la
Méditerranée consiste à pratiquer
l’élevage des huîtres et des moules en suspension et
en immersion permanente dans l’eau.
Au début du 20ème siècle, les structures
permettant l’élevage sont réalisés en
bois : des pieux plantés verticalement supportent des
perches horizontales auxquelles ont fixées les cordes
d’élevage. Ces cordes supportent des barres de
palétuvier imputrescibles sur lesquelles les petites
huîtres sont collées individuellement avec du
ciment ; une barre de 1,50 mètre de long pouvant recevoir
jusqu’à 80 huîtres.
Pour des raisons pratiques, le bois fut abandonné au profit des cordes.
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Actuellement, les
structures sont réalisées en métal (rails de
chemin de fer, tubes de forage,...) et l’élevage des
huîtres est réalisé par collage sur les cordes de
nylon suspendues aux perches des tables d’élevage, comme
indiqué sur le schéma ci-dessous.
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Une table d’élevage
mesure 50 mètres de long et 12 mètres de large. Les 33
pieux plantés sur le fond de l’étang soutiennent
une superstructure de 100 perches qu’on peut diviser en 20
carrés de 5 perches. Le nombre de cordes par tables varie entre
1 000 et 1 200. Ce type de structure se retrouve dans toute la
Méditerranée, sauf en Corse, dans l’étang de
Diana où l’on trouve encore quelques
« radeaux », des structures flottantes qui sont
maintenues par des corps morts au fond de l’étang.
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On distingue plusieurs modes d’élevage des huîtres en Méditerranée :
Les huîtres collées :
Le naissain est issue des écloseries ou du milieu naturel des
côtes atlantiques. La taille du naissain varie de 15 à 25
millimètres lors de sa mise en culture. Il a alors
déjà 10 à 18 mois. Les petites huîtres sont
ainsi fixées sur des cordes de nylon avec du ciment par la valve
creuse et par groupe de 3 ou 4 à intervalles réguliers.
La durée d’élevage varie de 10 à 14 mois.
L’huître collée est le mode de culture le plus
répandu dans le Bassin méditerranéen. Il offre des
produits de belle qualité, bien formés et bien remplis.
Les huîtres en pignes :
les pignes sont issues de naissain fixé sur une valve de
coquille d’huître. Ces valves sont insérées
dans les torons (assemblage de plusieurs gros fils tordus pour former
la corde) des cordes suspendues aux tables d’élevage. Les
huîtres se développent en bouquet, en se fixant les unes
aux autres pour former des agglomérats ou
« pignes ». On les connait plus
communément sous le nom de
« détroquées ». Anciennement, les
coquilles collectrices étaient fixées sur des tringles .
Le naissain sur tubes :
le naissain est fixé sur des tubes de plastique, eux-mêmes
suspendus aux tables pendant 18 mois. Par la suite, les petites
huîtres sont détroquées, collées et mises en
élevage pendant 6 mois. |
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